• Black tea ?

     

    RETOUR DANS LE MONDE D’EN BAS

     

    Nous vivons cette expérience du losar à Phoker avec nos pérégrinations de jour comme de nuit entre 3500 et 4000 mètres d’altitude dans un contexte qui constitue déjà pour les occidentaux que nous sommes, une aventure  en soi.

     

    Tout d’abord il faut se représenter le froid, c’est l’hiver dans l’Himalaya et les températures sont très souvent en dessous de zéro, la nuit il fait jusqu’à  -20 °. Les maisons mal chauffées et mal isolées sont de façon très surprenante, très conviviales. Les fenêtres de bois sculptés, les offrandes aux dieux, les pierres mantras, les mâts aux tissus décolorés qui claquent dans le vent, les poêles autour desquels on se rassemble, le pain cuit dans la cendre, le thé toujours prêt, on en boit des litres ainsi que l’eau chaude et surtout la chaleur de l’accueil qui nous est réservé partout.

     

    RETOUR DANS LE MONDE D’EN BAS

    Le seul moyen de résister au froid mordant est d’empiler les couches de vêtements, les ladhakis passent l’hiver avec des strates de vêtements qui leur permet d’endurer les températures souvent très rudes.

    Nous faisons de même, on dort sous des piles de couvertures, mais on garde au moins une couche ou deux de vêtements.

     

    Au lever du soleil, les femmes vont chercher l’eau dans la rivière dont elles brisent au préalable la couche de glace qui recouvre l’eau courante. Une énorme marmite chauffe sur un feu de bois à l’extérieur de la maison. Chacun vient y puiser le seau nécessaire à ses abblutions.

    Une petite pièce au sol en dur et à la fenêtre sans vitre est consacrée à la toilette.

    Il faut faire vite, se dévêtir et s’asperger d’eau brûlante, se savonner, se rincer et se rhabiller tout aussi vite. On s’accoutume très rapidement à cette toilette spartiate, de fait on se sent tonifié après. Le reste de l’eau chaude est utilisé à la lessive quotidienne faite à la main et étendue sur les branchages ou clôtures. Il y a 300 jours de soleil par an au Ladakh et depuis notre arrivée, le ciel a toujours été d’un bleu profond sans nuages.

     

    Voilà pour la salle de bains, les toilettes sont extérieures et sèches, avec un tas de terre  et une pelle à disposition pour recouvrir ce qui doit être recouvert. Le jour, c’est sympathique et écologique, la nuit c’est autre chose et on apprend vite à limiter l’absortion de liquides le soir pour ne pas être obligés de se lever la nuit, car se lever ça veut dire, s’habiller, chaussures et parkas comprises, sans oublier la frontale pour trouver son chemin…

     

    Après les ablutions du début de journée, tout le monde se retrouve pour le petit déjeuner, galettes, chapatis, thés accompagnés de pâte d’abricot, soupe, porridge et miel en sus pour nous que nous avons ramenés de Leh. La nourriture est délicieuse, dans nos rares moments de loisirs, nous sommes invités partout à déjeuner ou à diner et c’est à chaque fois un régal.

     

    Riz agrémenté de légumes cuisinés avec divers épices, soupe à la farine de sampa, beignets de légumes frits qui me font penser aux tempuras japonais, lentilles, épinards,

    des vrais petits pois, mouton rôti ou boullli, raviolis farcis de légumes ou de viande, crêpes à l’avenant, nous avons l’impression de vivre un festival gastronomique. Et partout où nous arrivons, la première question est black tea ?

    Car les ladakhis sont bien conscients que le thé beurré reste une expérience culturelle particulière pour nous autres et qu’en outre il n’est pas forcément digeste quand on s’acclimate juste à l’altitude comme c’est notre cas.

     

    On se retrouve en général à la tombée du soleil, pour encore du thé partagé alors que le jour tombe et que le froid  recouvre tout. L’électricité fonctionne à peu près entre 18 et 22H30, ce qui nous permet de charger nos batteries, de numériser nos sons et nos images, de faire ce qui ne peut être fait qu’avec l’électricité. Sinon on s’éclaire à la frontale et aux bougies, on est plus calés sur le rythme circadien que d’habitude.

    Il n’y a pas d’interrupteurs, les ampoules sont branchées directement sur le fil d’alimentation générale, nous avons bricolé une dérivation pour brancher une multiprise et répondre aux contraintes techniques du tournage.

    Pendant la durée du losar, l’électricité est également fournie entre 5H30 et 6H3O du matin, nous n’avons pas encore bien saisi pourquoi, en tout cas comme il n’y a pas d’interrupteur ça nous sert de réveil matin !

     

    Tout cela peut sembler austère et très inconfortable, mais non, l’ambiance est joyeuse et personne ne se plaint, au contraire, on dirait que dans cette aventure le manque de confort renforce la qualité des échanges humains qui elle est vraiment 4 étoiles !

     

     


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