• Ladakh, après les inondations

     Ce pays dans lequel je vais me rendre, ces terres hauts perchées dans les montagnes, ont été frappées l'été passé par des inondations dévastatrices, l'eau a balayé tout sur son chemin, emportant des vies humaines en nombre et causant d'énormes dégâts matériels.

    Je réalise à présent que cette catastrophe a eu lieu au moment des grands coefficients de marée, donc au moment où la masse d'eau qui recouvre le globe est la plus agitée. 

    Retour en arrière, à Leh, capitale du Ladakh, août 2010:

    (De Leh) Vendredi 6 août, 8 heures du matin. Beau soleil sur la capitale du Ladakh, ambiance paisible de petit matin.Pourtant, pour les Ladakhis, ce ne sera pas une belle journée.

    Dans la nuit, un orage terrible a déchiré pendant plusieurs heures le ciel de la région himalayenne, perchée à 3 500 m. Des arbres sont tombés, les rivières ont débordé, des torrents de boue se sont formés, des pans de montagne se sont écroulés.

    Ce matin-là, tous les commerces sont fermés. Les uns parce qu'ils sont complètement inondés, les autres par solidarité, en hommage aux victimes. Ponts détruits, routes bloquées, communications coupées, aéroport impraticable…

    La chaîne de déblaiement (Réjane Ereau).

    Début d'après-midi. Dans le bas de la ville, une chaîne s'organise pour déblayer la terre et tenter de retrouver des victimes. Un volontaire s'emporte :

    « Une pelleteuse, une poignée de militaires : où sont les équipements, que fait la force publique ? »

     

    Des hélicoptères tournoient dans le ciel ladakhi, les secours se mettent en place. « Il y a aussi des gens à secourir dans les montagnes », note Tsewang Smanla, médecin amchi originaire de Lamayuru. 


    Une voiture renversée (Réjane Ereau).


    Le lendemain matin, les bilans officiels s'affinent : plus de 150 morts identifiés, plus de 500 disparus, au moins 400 blessés, et une dizaine de milliers de sinistrés.

    A la réouverture de l'aéroport, le responsable local d'une compagnie aérienne dit aux passagers du premier avion pour Delhi :

    « Vous avez de la chance. Une fois rentrés chez vous, continuez à prier pour nous. »